LETTRE HEBDO DE RENE N° 66

 

Une députée macroniste a interpellé un représentant

du peuple France Insoumise prétendant qu'il ne connaissait

pas le monde de l'Entreprise.

 

Et bah moi, j'ai bien connu; et je suis aussi Insoumis tendance

Ensemble. Voici ma réponse ouverte à cette aliénée libérale.

 

Mon premier patron était une entreprise de transport de

matériaux de construction; ne dépassant pas 50 salariés, vous

savez pourquoi ! C'était en 1967.

 

La fille du patron a reçu une lettre après 1968 me désignant

comme délégué syndical : une certaine protection, mais bien

fragile, vous allez voir ! Celle-ci voulait me virer sur le champ !

En plus CGT ! Bon, son père plus malin a choisi la " carotte " :

trois mois de salaires, une place de cadre dans une grande

entreprise de ciment; devant mon obstination à refuser, alors

ce fut mon bureau face au mur, interdiction de prendre le

téléphone, ne rien faire dans la journée ! J'ai craqué et je me

suis fait licencier pour retards consécutifs ! Voyez j'ai connu la

douceur patronale !

 

J'ai été ensuite embauché dans une miroiterie. Au bout de quelques

semaines, après contact avec les employés, devant la non promesse

d'une prime au personnel suite à une grosse période de travail,

une section syndicale CFDT est créée : le facteur passe pour

annoncer la bonne nouvelle ! je suis d'office , sans mes vêtements,

mis sur le trottoir ! Douceur patronale !

 

Dans ces deux entreprises, le syndicalisme est resté !

 

Marqué à l'encre rouge, vous savez le téléphone pour éviter les

mauvais canards surtout CGT et SUD, je vais à Paris et je

découvre les PTT ! Je rentre comme auxiliaire mais comme je

passe des concours internes, je suis titularisé au bout d'un an.

 

A l'époque, c'était la plus grande entreprise d'Europe ! Une

entreprise citoyenne, moderne, sans patron privé, sans

actionnaires se gavant de la sueur des salariés !

 

Son budget était voté à l'Assemblée Nationale. A la fin, nous

donnions des milliards au budget de l'Etat.

 

Et puis est venu le temps de la gauche libérale gouvernementale :

Mr QUILES fut désigné pour casser cette merveilleuse entreprise.

 

C'est devenu, comme vous le savez, des lieux où un certain nombre

de salariés sont poussés aux suicides : voilà votre modèle, Madame !

Quant au sercie public, n'en parlons pas ! il y a du monde pour

nous pousser aux automates à la Poste mais peu de monde pour

recevoir les usagers aux guichets ! Et ne parlons pas du dernier

gadget des excités de la finance pour transformer en monnaie

les services rendus avant par les facteurs (trices ) : une honte !

 

Quant à France Télécom, et donc Orange maintenant, mieux ne

pas avoir de problèmes après vente : les agences sont faîtes pour

vendre des produits au plus chers, point barre !

 

Vous voyez bien que nous n'avons pas les mêmes valeurs humaines !

Un ami me disait: les capitalistes nous vendrons bientôt l'air du

Mt St Michel !

 

Oui, il est temps de revoir le règne des actionnaires : parasites

qui ruinent des milliers d'entreprises, qui lapident l'argent,

qui placent leurs amis(ies) dans les conseils d'administration

en lien avec certains politiques, qui s'octroient un double vote

pour s'enrichir encore plus.

 

Alors Madame, soyez modeste, continuez à ronger notre code

du travail mais ne dîtes plus de bêtises ! Malheureusement , nous

connaissons votre milieu !

 

Cela m'amène à évoquer cette notion d'existentialisme de Jean Paul

Sartre :


l’homme est constamment hors de lui-même, c’est en se projetant et en se perdant hors de lui qu’il fait exister l’homme et,d’autre part, c’est en poursuivant des buts transcendants qu’il peut exister ; l’homme étant ce dépassement et ne saisissant les objets que par rapport à ce dépassement, est au coeur, au centre de ce dépassement. Il n’y a pas d’autre univers qu’un univers humain, l’univers de la subjectivité humaine. Cette liaison de la transcendance, comme constitutive de l’homme — non pas au sens où Dieu est transcendant, mais au sens de dépassement — et de la subjectivité, au sens où l’homme n’est pas enfermé en lui-même mais présent toujours dans un univers humain, c’est ce que nous appelons l’humanisme existentialiste. Humanisme, parce que nous rappelons à l’homme qu’il n’y a d’autre législateur que lui-même, et que c’est dans le délaissement qu’il décidera de lui-même ; et parce que nous montrons que ça n’est pas en se retournant vers lui, mais toujours en cherchant hors de lui un but qui est telle libération, telle réalisation particulière, que l’homme se réalisera précisément comme humain

 

Bien sûr c'est un raccourci, mais comme pour Proudhon, l'important c'est

de nous réarmer à travers le débat !

 

 

 

Dans l'entreprise, le salarié sait faire un choix : une promotion en étant très

respectueux de la démarche patronale, en aimant ce qu'il réalise, en privilégiant

le bonheur de sa famille, en choisisant un syndicat collaborateur.

 

D'autres salariés font un autre choix : être solidaire de ses collègues, amener

un mieux être en se battant pour augmnter son niveau de vie, choisir un

syndicalisme de combat et d'option de transformation sociale !

 

Des citoyens(nes) pensent qu'il y aura toujours des riches et des pauvres,

que si les journaux télévisés sans faire de politique le disent, c'est que

c'est vrai, et ma foi, peu importe l'évasion fiscale et les paradis fiscaux !

 

D'autres citoyens(nes) réfléchissent au développement de mouvemnt

coopératif autant pour la production que la distribution, pour une qualité

de vie, contre les gaspillages, la publicité envahissante, une autre

gouvernance de l'entreprise.

 

Et pour revenir au pouvoir, comment articuler en fait toutes ces

problématiques pour réunir une majorité consciente par des

pratiques locales et des assemblées ctitoyennes où une voix

compte pour une voix et où les décisions sont en permanence

confrontées et si besoin remises en cause !

 

Voilà le débat des semaines qui viennent avec les Insoumis, avec

le Pcf et Ensemble pour leurs membres qu'ils veulent dépasser

les débats abstraits, pour Front Commun, pour changer la donne

dans ce pays et surtout l'odeur nauséabonde du pouvoir en ce moment !

 

René LE BRIS - Le 22 Juillet 2017 - Canal Blog