Lettre hebdo de René N° 72

 

Les écrits fleurissent en ce moment sur les réponses

politiques pour la Gauche : Le PS en déconfiture essaie

de réapparaître avec une étiquette encore trompeuse de

" nouvelle " gauche , Le Duigou dans l'Huma dimanche

affirme : " le dégagisme " ne suffit pas - mais ajoute

après : " à quand un projet transformateur commun aux

forces politiques progressistes " ?

 

Le Duigou cherche un programme de vraies ruptures

avec le système en place : il n'a donc pas dû lire le programme

des Insoumis ! Ceci dit, il pose une vraie question : à quand

le lien entre le mouvement social et le débouché politique ?

 

Le social démocrate Matthieu Croissandeau dans l'Obs,

fait parler Bernie Sanders pour exprimer son opinion

personnelle : " ne plus s'enfermer dans une théorie marxiste

vieille de plus d'un siècle, mais gagner la bataille idéologique

et culturelle par le concret, en apportant des réponses aux

problèmes quotidiens des classes populaires. ".

Cela sent le programme minimum, économique sans doute

le socle d'une "nouvelle gauche " !

 

Mais fleurissent aussi à travers de propos d'intellectuels

des débats sur la définition du " populisme " : terme perçu

par certain(e)s comme un ' gros mot ' ! C'est pour les

commentateurs zélés des médias officiels de rabacher sans

cesse que l'extrème droite et l'extrème gauche, c'est à peu près

la même chose , mettant Le Pen et Mélenchon sur le même plan !

 

Comme si les salariés en France , mais aussi les commerçants, les

paysans, les cadres moyens n'étaient pas aussi les victimes du

marché ! Sans parler des retraités qui représentent aujourd'hui

une grande partie de la population ! Quant aux jeunes, beaucoup

patinent pour entrer dans le monde du travail ! Alors oui, il y a

du monde en 2017 dans le camp populaire, dans ces conditions,

parler de populisme, c'est quoi le problème ?

 

Et cela repose en force un débat urgent sur la notion de propriété

surtout quand on constate le dépeçage de notre industrie par le

pouvoir macroniste : c'est donc autre chose que de s'accrocher

à l'agenda syndical comme le propose Pierre Laurent lors du

meeting du dimanche à la fête de l'huma !

 

Si la lutte écologique passe par des mesures internationales et

nationales de tous les pays, la maîtrise locale du développement

économique par les citoyen(nes) , ce qui s'appelle normalement

" l'aménagement du territoire ", est essentielle, et donc cela passe

par l'interdiction de tout déséquilibre économique dans un bassin

d'emploi, dans une région, mettant à la rue des dizaines de

salariés et mettant à mal les budgets, notamment sociaux des

collectivités territoriales ! CELA SUFFIT LA CASSE DU

TISSU ECONOMIQUE ET PAR LA MEME DES CITOYEN(E)S !

Il faut donc des mesures appropriées : or, la fin des départements pour

instaurer de grandes métropoles, la fin de la taxe d'habitation pour

asphyxier les communes, les accords internationaux qui donnent

tous les pouvoirs, y compris juridiques, aux multinationales, bref

la politique de Macron vont dans ce sens !

 

On le voit aussi à propos des orientations sur le transport confié

à Philippe DURON, ancien député du Calvados : pas question

d'aborder le fret et donc les investissements nécessaires pour

permettre de faire baisser radicalement la pollution et donc pour

ne pas favoriser les autoroutes et le dumping social ! On le voit avec

le ministre de l'Agriculture qui affirme son impuissance face

au marché agricole ! On le voit avec Hulot incapable de prendre

des mesures immédiates repoussant en l'an 2020 toutes mesures

écologistes ! Oui, il faut rompre avec cela, de la nouvelle gauche

qui est tout sauf progressiste à la droite la plus extrème !

 

Si la Fête de l'humanité est toujours un brassage de fraternité et

de débats ouverts et pluriels comme l'affirme Patrick Le Hyaric,

elle ne saurait remplacer des rencontres urgentes entre celles et

ceux qui veulent vraiment un programme de rupture avec le

capitalisme : donc pour élaborer en commun une vraie politique

de gauche ! Les Insoumis doivent faire des gestes dans ce sens,

car la souffrance du peuple est là, et avec les mesures macronistes,

va s'amplifier dans les mois qui viennent ! Outre le fonctionnement

interne pour que les groupes d'appui puissent débattre des orientations,

et donc se rencontrer au moins au niveau du département, des appels

à des ateliers communs permettraient de briser les blocages et

d'avancer vers des démarches communes ! Chiche !

 

René LE BRIS- Canal Blog - Lettre N°72