LETTRE HEBDO DE RENE N° 86

  

LA COMPETITIVITE LIBERALE : CANCER DE L'ECONOMIE

  

" Les temps modernes " que l'on peut voir sur des chaines de

télévision montre bien la logique du productivisme et le mépris

pour la classe salariale !

 

Et bien il est temps de passer du film à la réflexion pour élaborer

d'autres perspectives économiques !

 

Les sociétés occidentales mais aussi les pays dits émergents

fonctionnent avec le maître mot : la compétitivité économique.

 

Rappelons la définition officielle :

" Elle désigne la capacité d'un secteur économique, d'un territoire

(pays, bassin économique...), d'une entreprise, à vendre et fournir

durablement un ou plusieurs biens ou services marchands sur un

marché donné en situation de concurrence.

Elle s'évalue au travers de la dynamique des parts de marché.

Elle résulte de la capacité A ETRE COMPETITIF sur les prix,

à proposer régulièrement des innovations et des services

additionnels " ( Wikipédia ).

 

Nous savons depuis Marx et autres économistes que ce système

économique est basé sur des capitaux constants ( les investissements)

et les capitaux variables ( la force du travail ). Que pour maintenir le

taux de profits, avec le système de concurrence, les capitalistes peuvent

soient investir davantage, soient baisser les charges salariales ( salaires

directs et indirects). Les innovations technologiques permettent

de produire davantage en un minimum de temps mais aboutissent

à des crises de surproduction. S'ajoute à cela l'interpénétration

des capitaux dans le secteur financier avec les conséquences que

l'on connait en terme de spéculations et de détournements fiscaux.

 

Lors de la campagne présidentielle de 2012, le Cercle de

l'Industrie émettait dans une tribune au Monde des propositions

aux candidats parmi lesquelles celles-ci éclairantes :

 

  La compétitivité, UNE PRIORITE ABSOLUE. Celle des entreprises

suppose celle de l'Etat. Il est certes nécessaire de poursuivre les

objectifs d'assainissement des finances publiques. Mais certaines

décisions du gouvernement agissent directement sur le fonctionnement

de l'industrie. Les candidats doivent s'assurer que de telles mesures

favorisent la relance de la COMPETITIVITE industrielle et ne freinent

pas la croissance. Le premier ministre devrait en recevoir la mission et

en devenir le garant.

 

Suit des propositions sur l'innovation, la formation, l'enseignement

supérieur, les filières, l'énergie et l'environnement.

Mais signalons les propositions ciblées sur le rapport Capital/Travail :

 

" Le dialogue social. Face à la crise, la France doit développer le

dialogue social AU NIVEAU DE CHAQUE BRANCHE ET DE CHAQUE

ENTREPRISE. Les accords collectifs pour adopter l'équilibre salaire-

emploi-temps de travail AUX EVOLUTIONS DE L'ACTIVITE sont

à privilégier; le système de chômage partiel est à améliorer ".

 

Et voilà donc les ordonnances sur la loi travail ! Bravo Macron !

 

" Le coût du travail. Le niveau élevé des cotisations sociales

EMPLOYEURS pèse sur la COMPETITIVITE industrielle.

Les politiques de solidarité nationale relatives à la famille et,

pour partie, celles relatives à la santé devraient être assumées

par l'ensemble de la collectiivité. Le transfert d'une partie de

ces cotisations sur d'autres assiettes fiscales SERA BENEFIQUE

POUR NOTRE COMPETITIVITE. Les politiques d'allègement

des charges doivent soutenir de manière efficace les emplois des

secteurs confrontés à la concurrence internationale ".

 

Voilà le programme à venir pour le gouvernement MACRON !

On peut compter encore sur Berge et Mailly pour accompagner

des mesures qui vont accentuer l'appauvrissement des salariés !

 

Mais HOLLANDE avait déjà pris des orientations pour satisfaire

l'appétit du Cercle de l'Industrie : Le pacte pour la croissance,

LA COMPETITIVITE et l'emploi : ce pacte vise à redonner aux

entreprises qui opèrent en France les moyens de se repositionner

de manière offensive et durable dans LA COMPETITION

INTERNATIONALE, tout en concourant à LA COMPETITIVITE

de l'économie nationale.

 Notons qu'en 2016, le comité de pilotage du CICE estimait à une fourchette entre 50 000 à 100 000 emplois les effets des mesures prises. Nous connaissons la réalité aujourd'hui, une fourchette entre 5 à 7 millions de privés d'emploi selon que l'on compte des temps partiels imposés ou pas !

 

Notons aussi que la recherche de COMPETITIVITE à tout prix conduit à la

surexploitation de ressources humaines ( exemple actuel chez Peugeot ), à la

surexploitation des ressouces naturelles ( dans le domaine de l'agriculture

notamment ).

 

Notons enfin qu'avec le numérique, la robotisation va accentuer les crises

capitalistes avec des conflits sociaux de plus en plus aigus, voir ce qui se

passe en Chine, mais avec un pouvoir dictatorial qui étouffe toute

contestation !

 

Les guerres économiques vont donc s'accentuer. Outre les effets sur les budgets sociaux et la marginalité d'investissements pour des biens communs, les

guerres pour le contrôle des matières premières ( capital constant ) amènent

des générations de peuples à des traumatismes irréparables. Sans parler

du réchauffement climatique qui va obliger des populations à quitter leurs

racines et donc accentuer des réactions terroristes dans le monde !

 

Pour garder leur marge de profits dans cette COMPETITION ECONOMIQUE

et préserver les marges bénéficiaires pour les actionnaires, les multinationales

n'hésitent pas à saborder des entreprises sans se soucier du déséquilibre

économique des territoires.

 

Dans cette société où du côté patronal, l'on peut empoisonner des personnes

en toute impunité, du côté des ouvriers, la moindre incartade pour la

défense de leurs droits est durement sanctionnée. Lire à ce propos l'exemple

de l'affaire SAFT décrit dans le livre à lire : "un monde à gagner " écrit par

Marie Laure DUFRESNE-CASTETS, avocate en droit du travail. Comme

pour l'Amiante hier, les compteurs Linky demain, il faudra encore bien

des luttes pour que la qualité de nos vies soit préservée !

 

Mais alors vous, que proposez vous ? On a vu où menait le bolchévisme !

Le marché est une réalité ! Vous êtes des doux rêveurs et vous seriez au

pouvoir, ce serait une catastrophe économique ! Regardez aujourd'hui

le Vénézuela !

Voilà ce que l'on peut entendre des responsables politiques de droite et

sociaux démocrates, des éditorialistes économiques des grands médias comme

France 2 ou BFMTV !

 

Et bien, ce sera pour la prochaine lettre hebdo !

René LE BRIS - 14/01/2018 - CANAL Blog