LETTRE HEBDO DE RENE N° 103

 

Les pagailles de Macron sur tous les fronts !

 

Qu'il était joyeux Macron à saluer les joueurs de Rugby

de Castres et de Montpellier, avec un colosse derrière lui,

peut être son futir garde du corps et puis " toto " , celui qui

a mis ce noble sport dans les profondeurs du tournoi des

cinq nations !

 

Pas de quoi pavoiser pourtant : au-delà des conflits sociaux,

c'est toute la France qui est bousculée avec violence dans

tous les domaines : logements, soins, handicaps, retraites,

chômage, agriculture, relations internationales, biodiversité,

médias, éducation ! pas un secteur manque à l'introduction

du mercantilisme, de l'individualisme conduisant à la

sélection par le fric, des biens communs frappés de privatisation.

 

Oui il est temps, comme le 26 Mai, de réagir !

Reste aux mobilisations sociales de se donner un cap politique.

Pour se faire, il faut écarter deux dangers : les poussées

"nationalistes" où se cachent les fachos, que cela soit Marine ou

Maréchal, c'est la même purée de haines contre l'individu,

cachant en fait le goût du fric mais pour les seuls blancs !

 

Mais un deuxième danger guette dans les mois qui viennent :

la fusion de deux obstacles, le sectarisme comme ce que

certains appellent " la réconciliation " !

 

Le sectarisme, nous connaissons, ce sont les mêmes visages.

 

Les manoeuvres pour refaire une option " réformiste " à la

mode " union du centre et de la gauche ", cela n'est pas encore

d'une clarté absolue, mais elles apparaissent ici ou là !

 

Avec le plan " Borloo " par exemple : comme si ce plan allait

faire disparaître les taux de chômage importants des quartiers,

les discriminations diverses, la perte de services publics de

proximité !

 

 

 

 

 

 

 

Avec la bande de trois sur le plan syndical : leurs leaders ne

veulent pas s'immiscer dans des rapports politiques ! mais

Laurent BERGER se permet de rencontrer seul en catimini

Macron, il bouffe avec Luc BERILLE et Philippe LOUIS

respectivement responsables UNSA et CFTC. L'Obs nous

le dit : Berger ne souhaite pas l'échec de Macron, il a même

" une conscience politique aigue ".

 

A ce propos, dans le très riche " MARX le coup de jeune "

de l'Humanité Dimanche, , un débat entre BERGOUNIOUX

Alain, socialiste, Pascale FAUTRIER, écrivaine, et Guillaume

ROUBAUD-QUASHIE, directeur de la revue du PCF

" cause commune " est éclairant. Voici quelques extraits :

 

Alain BERGOUNIOUX : Marx voyait que le mal social

venait de la combinaison de la propriété privée des moyens de

production et de l'économie de marché, et plaidait pour

l'appropriation totale des premiers et la suppression de la

seconde. Or toute l'histoire du XXéme siècle montre que ce

qui a été tenté sur ce terrain s'est traduit par des impasses,

parfois tragiques ... Si les idées de Marx ont alimenté le

programme de l'Etat providence, il s'agit ici d'un équilibre

entre le marché et la démocratie, entre le capital et le travail,

et ce n'est pas ce qu'il proposait.

 

Pascale FAUTRIER : On a passé les cinquante dernières

années à criminaliser Marx et la pensée marxiste en les

considérant comme des causes efficientes des tyrannies

totalitaires qu'on a appelées communistes, et qui étaient

en réalité stalinienne et maoïste. Or si on regarde avec plus

de réalisme, on peut s'apercevoir de tout l'apport bénéfique

lié à Marx et à la pensée marxiste. Les Etats providence,

en particulier en Angleterre et en France, ont appliqué en

1945 une partie du programme du Manifeste du Parti

Communiste de 1848, écrit par un jeune homme de 30 ans,

qui expliquait qu'il faut nationaliser les grands moyens de

production. ...

 

Guillaume ROUBAUD-QUASHIE : ... A la fin du XXeme

siècle, on peut comprendre pourquoi ce Marx qui a tant fait

rêver a pu faire place à l'idée que -- on a essayé, ça n'a pas

fonctionné --. Depuis 10 ans, c'est différent. La comparaison

ne se fait plus entre un -- socialisme réel -- qui ne répondrait

pas aux aspirations et un capitalisme qui y répondrait mieux.

 

Notre époque est même marquée par une contradiction

fondamentale que Marx avait pointée : alors que notre

capacité de développement et de création n'a jamais été

aussi forte, le capitalisme est devenu un frein gigantesque....

 

Entre ceux et celles qui galèrent au travail, voire à ce

propos la conception de management du premier ministre,

et ceux et celles qui par manque d'emplois se marginalisent

dans des occupations diverses qui leur donnent des moyens

de survivre, la souffrance sociale est partout. Et dans le

milieu rural, nous trouverons bientôt des villages " mouroir "

avec quelques agriculteurs/trices plongés-ées dans des

productions agricoles industrielles.

 

Notons pour finir le livre d'un jeune sociologue et écrivain

" qui a tué mon père " Edouard LOUIS qui crie : " les pauvres

ne sont pas exclus, ils sont persécutés ".

La journaliste Maud VERGNOL lui pose la question :

" à la fin de votre roman, votre père vous lance : " tu as raison,

il faudrait une bonne révolution ! C'est un appel ?

Réponse d'Edouard : " il s'est complètement transformé. Lui

qui a voté FN toute sa vie, désormais il critique le racisme.

Lui que j'ai entendu dire : " il faut tuer les pédés ", il me

demande de lui parler de l'homme que j'aime ... On atteint

un tel niveau de violence politique en France que nous n'avons

plus le choix. Oui, je suis dans un état révolutionnaire. Et si j'ai

écrit " qui a tué mon père ", c'est que j'appelle à mettre toutes

les forces de l'art, de la littérature, de la politique, du

journalisme à lutter ensemble pour arrêter Macron, et toute

la violence qu'il porte avec lui.

 

Oui, après le 26, la lutte continue !

Les insoumis viennent de lancer une campagne nationale

sur la pauvreté qui se prolongera plusieurs mois !

L'urgence est aussi de mettre des jalons pour un programme

non pas de fausse réconciliation mais de transformation

sociale radicale du capitalisme.

Il ne s'agit pas de refaire une Union de Partis qui se jalouseraient

des postes pour le futur mais de tendre à associer sous des

formes à déterminer les syndicats et les associations,

pourquoi pas avec des Assemblées Citoyennes au plus près des

lieux d'habitations de la population !

 

René LE BRIS - Canal Blog - 03/06/2018